« URGA » lundi 12 décembre 20h30 Lion d’or, Venise 1991

URSS 2H de Nikita Mikhalkov Avec Bayaertu, Vladimir Gostukhin, Larissa Kouznetsova

Dans la steppe mongole,Gombo et sa famille de nomades rencontre Serguei un camionneur russe en panne une amitié va naître entre les deux hommes

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Milkhalkov signe ici un beau film plein de fantaisie et de mélancolie, dont le caractère intimiste contraste avec l’immensité d’un paysage démesuré

Nikita Mikhalkov a changé de décor. Les grands espaces ont remplacé la datcha tchékhovienne de Partition inachevée pour piano mécanique et l’appartement communautaire sinistre de Cinq Soirées. Il a apparemment changé de style, aussi : c’est à la façon d’un documenta­riste qu’il contemple, lors d’un repas merveilleux de drôlerie, deux cultures opposées qui essaient de se rejoindre. Mais tout de même, dans ce film moins ciselé que d’habitude, les thèmes de Mikhal­kov resurgissent, à commencer par la nostalgie des racines perdues. Sergueï le Russe a oublié le nom de ses ancêtres, et la honte le saisit, soudain, de vivre si mal. Gombo le Mongol, lui, a oublié la puissance de ses lointains aïeux ; Gengis Khan, qui lui apparaît soudain, reproche à son descendant sa mollesse, sa dégénérescence. Mais parce qu’ils restent tous deux des héros de Mikhalkov – des êtres doués de raison, de déraison et de dérision -, le Russe et le Mongol réagissent de façon inattendue. Dans le night-club de la ville, Sergueï, les larmes aux yeux, se met à chanter sur une ­valse mélancolique. Au coeur de cette steppe qui est la sienne, le Mongol esquisse des pas de danse… Ce sont ces moments de grâce absurdes qui font le prix d’Urga. Pierre Murat, Télérama

Nikita Mikhalkov

Né à Moscou en 1945 dans une famille d’écrivains et d’artistes, Nikita Mikhalkov commmence dès l’âge de quatorze ans une carrière de comédien avec des rôles dans des films comme Je m’ balade dans Moscou de G. Daniela (1963), et Le Nid des Gentilshommes de son frère A. Mikhalkov-Kontchalovski (1969). Parallèlement il étudie le cinéma au VGIK dans la classe de Mikhaïl Romm. Parmi ses premiers films en tant que réalisateur L’Esclave de l’amour (1975) rend hommage au cinéma muet, et Partition inachevée pour piano mécanique, une adaptation de Tchekhov, remporte le grand prix du Festival de San Sebastian et établit la notoriété internationale de Mikhalkov. Elle sera renforcée par ses succès suivants: Cinq soirées (1978), Quelques jours de la vie d’Oblomov (1979) d’après le roman de Gontcharov, La Parentèle (1981) et Sans témoins (1983). En 1987, il met en scène Les Yeux noirs en Italie avec Marcello Mastroianni dans le rôle principal, puis part tourner Urga en Mongolie en 1991 (Lion d’Or à Venise). Anna (1992-1994) est un portrait de sa fille et Soleil trompeur reçoit le Grand Prix à Cannes en 1994 ainsi que l’Oscar du meilleur film étranger en 1995. Après avoir joué dans beaucoup de ses films, il y interprète le personnage du Colonel Kotov, et incarne en guise de clin d’oeil le Tsar Alexandre III dans Le Barbier de Sibérie qui fait l’ouverture du Festival de Cannes en 1999. Suivront différents épisodes de « Soleil trompeur » son dernier opus « Coup de soleil en 2014 ne connu pas le succès escompté.

Ami de Poutine longtemps président contesté par ses pairs de l’Union des cinéastes Russes, il semble aujourd’hui avoir perdu de son influence