Charles Chaplin (1921) États Unis 52 minutes Avec: Charles Chaplin, Jackie Coogan, Edna Purviance
Une jeune femme abandonne son enfant. Charlot le vagabond le recueille. Mais les services sociaux s’en mêlent…
Admirable, poignant génial le film que tout un chacun doit avoir vu

Quelle chance de revoir et surtout de faire découvrir ce chef-d’œuvre hautement touchant à tout jeune spectateur ! Portrait d’une enfance en détresse, la beauté du film réside dans sa douceur comme dans sa compassion. L’humour et l’imaginaire sont là comme des boucliers de protection pour tout enfant abandonné, tel est le si beau message d’espoir et de courage que nous offre Charles Chaplin. C’est aussi un formidable film sur la relation d’amour entre un adulte et un jeune enfant adopté. benshi
Le contexte exceptionnel dans lequel a été créé le film ne saurait néanmoins dissimuler et encore moins substituer les ambitions premières du cinéaste qui sont ici pleinement exprimées. Faire rire autant qu’émouvoir grâce à un style épuré à l’extrême (la mise en scène est très « économe »). L’aspect social de son œuvre est d’ores et déjà présente ici avec la misère quasi constante.
Chaplin montre ici plus que jamais son sens unique de la scène, de l’instant, bref, tout ce qu’on aime au cinéma ; le tout au profit d’un récit connu de tous. Il s’agit sans doute du film le plus célèbre de Chaplin, le plus universel d’un des cinéastes les plus universels dvd classik
Le réalisateur Charlie Chaplin
Né à Londres, en 1889, d’un couple d’artistes de music-hall séparé, il connaîtra une enfance misérable. Le spectacle sera sa planche de salut. Il débute dès l’âge de 9 ans dans une troupe d’enfants comédiens : les « Huit gars du Lancashire ». A onze ans Chaplin déjà virtuose dans l’art de la pantomime se produit lors d’une tournée en Amérique.
En 1914, quand il signe son premier contrat avec le roi du burlesque Mack Sennett, il a 25 ans et connaît parfaitement son métier de comédien . Il démarre de façon tonitruante à Hollywood. En quinze jours, il a créé le personnage de Charlot. Au bout de trois mois, il devient réalisateur. Après un an et 35 titres, il est l’acteur le plus célèbre au monde bien avant ses grands classiques.
Au fil de ses succès, Chaplin s’éloigne des courses-poursuite du slapstick pour affiner ses gags, ses scénarios. Il insuffle à ses films une veine sociale (Charlot apprenti), réaliste (Charlot vagabond, Une vie de chien), politique même (L’Émigrant). Son succès phénoménal lui permet d’accéder à une précieuse indépendance qui lui sera indispensable pour mener à bien ses projets les plus audacieux.
D’autant plus que Charlie Chaplin travaille de manière perfectionniste, avec plus d’une centaine de prises pour certains plans. Le 5 février 1919, six mois avant le tournage du Kid, Chaplin devient l’un des quatre fondateurs du fameux studio The United Artists avec ses deux plus proches amis stars, le couple Mary Pickford – Douglas Fairbanks (l’interprète de Robin des bois) et le maître du cinéma David W. Griffith.

Pour Le Kid il va, pour la première fois, décider d’aller au-delà des deux bobines habituelles (de 20 à 25 minutes) pour réaliser son premier GRAND FILM avec deux partis pris essentiels : il entremêlera le burlesque au drame et puisera une large partie de son inspiration dans son enfance.
Un malheur le frappera avec La perte de son bébé et paradoxalement, ce drame va provoquer une frénésie créative chez Chaplin. Comme pour combler un vide affectif. Seulement dix jours après, l’artiste auditionne des bébés. Il a repéré un acteur prodige de 4 ans : Jackie Coogan. Celui-ci sera comme le substitut du fils que Chaplin vient de perdre, il est aussi l’incarnation vivante du petit génie qu’était l’artiste au même âge. Une complicité, une affection s’installent entre la star Chaplin et le petit Coogan. C’est le lancement du Kid.
Chaplin tournait ses premières comédies en une semaine, il mettra douze mois pour The Kid. Après les esquisses de la Keystone, les perles de la Mutual ou d’Essanay, après soixante-sept courts où il a poli son génie, Chaplin réalise son premier chef-d’œuvre.
Sa popularité décline dans les années 1940 en raison de controverses au sujet de ses liaisons avec des femmes bien plus jeunes que lui et d’un procès en reconnaissance de paternité. Chaplin fut également accusé de sympathies communistes et les enquêtes du FBI et du Congrès lui firent perdre son visa américain. Il choisit de s’établir en Suisse en 1952. Il abandonna son personnage de Charlot dans ses derniers films dont Monsieur Verdoux (1947), Les Feux de la rampe (1952), Un roi à New York (1957) et La Comtesse de Hong-Kong (1967). Chaplin écrivit, réalisa, produisit, composa la musique et joua dans la plupart de ses films. Il était perfectionniste et son indépendance financière lui permit de consacrer des années au développement de ses œuvres. Plusieurs de ses œuvres sont aujourd’hui considérées comme faisant partie des plus grands films de tous les temps.