Ken Scott (2025) France 1h42 Avec: Leïla Bekhti, Jonathan Cohen, Joséphine Japy, Jeanne Balibar
En 1963, Esther met au monde Roland qui naît avec un pied-bot qui l’empêche de se tenir debout. Contre l’avis de tous, elle promet à son fils qu’il marchera comme les autres et qu’il aura une vie fabuleuse. ce film est le récit d’une histoire vraie, drôle et bouleversante, celle d’un destin incroyable et du plus grand amour qui soit : celui d’une mère pour son enfant.
Une histoire qui fait passer du rire aux larmes et touche droit au cœur.

En adaptant le roman de l’avocat et animateur radio Roland Perez — qui y raconte sa vraie (et improbable) histoire —, Ken Scott (Starbuck, dispose d’un matériau d’origine on ne peut plus dense. Il y a d’abord ce récit intime, qui relate des faits réels à caractère extraordinaire : d’une part, le destin d’un enfant né avec un pied-bot qui apprend à marcher sans l’aide de la médecine traditionnelle ; d’autre part, l’histoire de ce même enfant qui, fan de Sylvie Vartan, finit par devenir son avocat.
Mais il y a aussi la verve et la détermination d’une mère aimante, mais écrasante, qui promet à son fils une « vie fabuleuse ». Fort de ces matières premières, le réalisateur se retrouve en terrain familier, et fait ce qu’il a toujours fait de mieux : des va-et-vient entre les registres et les tons. Ainsi, Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan commence à la manière d’une comédie légère, propice à la farce, avant de glisser, par à-coups, vers une émotion plus mélancolique. Douce-amère, la seconde partie du film voit même le drame éclipser la comédie. Fiche cinéma
Le Réalisateur
Scénariste, acteur, réalisateur et humoriste, Ken Scott, né en 1970 à Dalhousie au Québec est depuis longtemps une star en son pays, et un cinéaste qui compte sur le plan international depuis son film Starbuck en 2011.
C’est par la scène qu’il débute, à peine âgé de vingt ans, comme jouteur d’improvisation, avant de bifurquer vers le théâtre, puis vers le cinéma, après avoir passé, en 1991 un certificat en scénarisation cinématographique de l’Université du Québec à Montréal. . C’est en 2003 que sa carrière prend son essor, avec la sortie de La Grande Séduction, une comédie de mœurs dont il est le scénariste. Ce film reçoit le prix du public au Festival de Sundance. En 2008, le scénariste en vogue qu’il est devenu réalise son premier film, Les Doigts croches (qu’il a écrit), et en 2011, c’est Starbuck. L’engouement est tel qu’il en sortira une version américaine avec Vince Vaughn intitulée The Delivery Man et une version française sous le titre Fonzy. Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan est son septième long métrage.
Paroles du réalisateur
C’est avec émotion que Ken Scott se souvient du moment où Roland Perez, dont le film est inspiré de son histoire, a vu le film en compagnie de ses frères et sœurs:
« Au bout de trois secondes, Leïla [Bekhti, qui incarne Esther], elle est devenue leur mère. Et ça, c’est un hommage à Leïla, qui a livré une performance hallucinante, très généreuse. Il faut comprendre qu’Esther, c’est un rôle qui était piégeux. »
En effet, Esther a un côté plus grand que nature. Qui plus est, elle s’est donné une mission et n’a donc qu’un seul et unique objectif : que son fils marche. Tout ce qu’elle fait, tout ce qu’elle est, sert cette mission. La partition aurait facilement pu donner lieu à une caricature, à un « numéro », voire à du cabotinage.
« Il y avait en fait un double danger, . Il y avait le danger qu’Esther devienne une caricature, oui, mais aussi, à l’inverse, il y avait le danger d’avoir tellement peur de la caricature que le rôle perde sa saveur à force de retenue. Au bout du compte, il ne fallait pas que ce soit une imitation de la vraie Esther : Leïla devait chercher la Esther en elle. Pour Jonathan [qui joue Roland adulte], c’était la même chose : il devait trouver en lui le petit garçon avec un pied bot, et non essayer de ressembler au vrai Roland. »