Rasmus A. Sivertsen, 2015 , Norvège 1h18 Adapté de l’univers de l’auteur norvégien Kjell Aukrust
Solan et ses amis veulent gagner la grande course au Fromage sous peine de perdre leur maison. Mais des adversaires redoutables l’attendent….
Une aventure fantasque et originale pleine de rebondissements

Ce film d’animation truffé de gags est bien plus intelligent qu’il pourrait y paraître au premier abord, caché derrière ce titre presque humoristique. Il est question ici des grandes notions et valeurs que tout individu se doit d’acquérir en grandissant : l’esprit de compétition et la gestion des rivalités, la solidarité et l’esprit d’équipe. La Grande Course au fromage stimule également l’imagination et la créativité ; c’est un plaisir de découvrir tout au long du film les nouvelles inventions de Féodor, figure paternelle et responsable du film. La représentation de l’enfance et de ses contradictions, à travers les personnages de Ludvig et Solan que tout oppose, est d’une grande justesse, et le choix de leur forme animale n’est pas un hasard : un hérisson pour le timide et peureux Ludvig, et une pie bavarde pour l’impulsif et intrépide Solan. Benshi

La Grande course au fromage ravira donc les tout-petits par le charme de ses personnages et la drôlerie des situations, mais aussi les adultes, qui auront à cœur d’en approfondir le sens avec leur progéniture. Enfin, ils pourront se divertir des innombrables clins d’œil cinéphiliques, du Running Man de Paul Michael Glaser au Good Morning Vietnam de Barry Levinson, qui jalonnent le film sans être jamais pesants. Fiche cinéma
Le réalisateur
Rasmus Andre Sivertsen est un réalisateur norvégien né en 1972. Son père est dessinateur- animateur, il est donc familiarisé dès son plus jeune âge à la création animée. Il choisit par la suite d’étudier la production des films d’animation au Volda University College.
En parallèle de son activité de réalisateur, il fonde le studio Qvisten Animation, qui a co-produit ses deux longs métrages dont DE LA NEIGE POUR NOEL sortie en France en 2014. La Grande course au Fromage a nécessité trois ans de création.
L’interview
Pourquoi avoir fait le choix de l’animation 3D image par image ?

J’ai d’abord penché pour une animation assistée par ordinateur. Mais dans le détail, le style du dessin ne pouvait quetrès difficilement être rendu pas un ordinateur. L’animation image par image s’est imposée parce qu’elle permettaitde rendre la matière, d’être fidèle au style des dessins originaux, et de traduire l’aspect “Fait-main”.
La Norvège n’avait pas produit de film en stop motion depuis quarante ans et il s’agissait donc d’un choix artistiqueénorme. Et cela s’est révélé bien plus compliqué que prévu, il a fallu créer une communauté d’animateurs de toutespièces.
Avez-vous pris part à la création musicale ?
Durant le tournage, je propose toujours des morceaux de musique qui servent de référence aux équipes de tournage
et nous aident à garder en tête l’ambiance de la scène qu’on travaille. Ces musiques sont ensuite un appui pour mon
travail avec le compositeur lors de nos premières discussions.
J’avais l’impression que la partition devait être intemporelle, et j’ai donc choisi de la musique classique ainsi que des
morceaux de jazz des années soixante.
Il y a de nombreuses références ou clins d’œil qui ne sont pas exactement destinés à des enfants. Le film est-il
destiné aux familles et aux adultes autant qu’aux très jeunes spectateurs ?
Kjell Aukrust a écrit pour un public d’adultes principalement. C’était important pour moi de conserver un humour
élaboré dans le film. À titre personnel, j’apprécie aussi que les ressorts comiques soient riches.